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  • Photo du rédacteurAnaïs CD

J'aurais tant de choses à dire...


Si jeune, découvrant sans cesse la vie, le monde et ce qui nous entoure et nous constitue, et pourtant déjà tant de choses à exprimer. Je respire, je regarde, j’entends, je sens, je touche, je goûte, je vis. Je lève le voile sur un monde qui, les premiers temps, me semblait si sombre.


Mais j’en discerne chaque jour une nouvelle facette, j’en saisis chaque fois un nouveau sens. J’expérimente. J’entame une partie de jeu dont je ne connais pas véritablement les règles. Téméraire, je me lance dans une aventure dont je ne connais ni les sinuosités, ni l’issue. Seule la curiosité me dépasse et me domine, supplantant les convenances, la bienséance et les attentes que ces autres ont de moi.


J’ai soif de ce monde, de ce qu’il renferme et nous dissimule. Je veux m’immiscer en son sein et en connaître chaque rouage, chaque mécanisme. J’aimerais pouvoir répondre à toutes mes interrogations. Je voudrais résoudre celles ancestrales, qui ont été posées avant les miennes et qui demeurent encore en suspens à travers le temps et l’espace. Elles flottent telles des spectres, attendant qu’on les élucide, qu’on les tire de ces sombres oubliettes où elles croulent sous la poussière, pour enfin être mises en lumière.

Ainsi je commence à prendre conscience du caractère précieux et inestimable du temps qui nous est imparti. Ce même temps qui s’écoule, inéluctable et nous file entre les doigts : une poignée de sable dispersée au vent du destin. Ainsi, nous apprenons à compter les secondes, les minutes, les heures, les jours… autant de mesures dont on ne connaît finalement jamais la dimension. Leur portée nous apparaît avec plus de netteté seulement avec un temps de retard : la prise de conscience est tardive. Alors, commencent les regrets : ceux de n'avoir pas su profiter de ce fameux temps, ceux de n'avoir pas eu les mots ou les actes opportuns. Nombres de suppositions et élucubrations s’enchaînent successivement, ne faisant qu'encombrer et assombrir notre esprit.


Cependant, le temps est immuable, inaltérable, rythmant nos existences depuis notre premier jusqu'à notre dernier souffle. Aucune course ni lutte possible contre un tel adversaire, contre de tels enjeux.

Et alors que je m'avance, pas à pas sur le chemin de la vie, je prends conscience de cette fatalité qui nous guette, qui me guette. Je vois avec quelle fragilité et appréhension nous affrontons notre destinée, avec quelle véhémence certains combattent pour leurs idéaux et leurs choix de parcours. Je comprends que si le passé a été difficile, le présent et le futur seront d’autant plus malaisés. Il est donc temps de saisir ce qui nous est inhérent, d’utiliser les ressources que l’expérience et le temps ont pu nous offrir et forger nos armes pour affronter ce qui nous attend. Il me reste à me lever, franchir cette cour des grands, que tant ont traversé avant moi, et que l’on continue d’arpenter. Imposer mon être, mes vices et mes vertus ; parler haut et fort, par-dessus le brouhaha de cette humanité et de nos sociétés irréfléchies.


J’aurais tant de choses à vous dire : tout ce que j’ai sur le cœur, ce qui me tourmente et me torture, ce qui m’afflige, ce qui m’exaspère. J’aimerais pointer du doigt les maux dont nous souffrons, les faux pas que l’on a tendance à répéter indéfiniment ; à mettre en lumière ce que nous ne voyons plus, ou que nous nous efforçons de ne plus voir. Je vous offrirais un panorama de ce monde, de ce que l’on en a fait, de la régression qui nous menace toujours plus. J’aimerais vous montrer, vous faire entendre, vous faire ressentir les choses plus intensément, de sorte que vous compreniez, que vous preniez conscience du malaise qui nous cerne.


Mais j’aimerais aussi vous montrer tout le charme de ce monde, ces beautés éphémères dans toute leur fragilité et à la fois leur impétuosité. Je vous conterais les joies que j’aurais à partager, les souvenirs que j’ai pu me créer, les émotions qui m’auront fait vibrer. Je vous exposerais mes expériences, mon cheminement, mes maladresses, mes rires, tous ces instants qui m’ont coupé le souffle. Il faut savoir voir par-dessus le brouillard épais qui nous entoure, pour y déceler des éclaircis, des rais de lumières disséminés çà et là, enveloppant ces précieux instants. Il nous faut vivre, ressentir les choses pour être en capacité de les appréhender : sentir le vent et le soleil sur notre peau, humer les parfums floraux et les embruns, goûter à ce florilège de saveurs, découvrir toute l’étendue de ce camaïeu de couleurs et enfin aller toucher tout ce que l’on pensait inaccessible.


Ainsi voici ce que nous sommes : des êtres sensibles, faits de sentiments et de sensations. Nous vivons hâtivement, nous aimons avec passion, nous désirons avec fougue et nous nous déchirons avec tout autant de véhémence. Autant d’émotions qui parlent pour nous, meilleures amies ou ennemies, elles nous trahissent. Elles montrent ce que nous sommes réellement, ce qui nous anime véritablement. Elles nous lient les uns aux autres, nous rapprochent ou nous opposent. Mais elles seules nous permettent d’avoir la certitude d’être vivants, de faire encore partie de ce monde et de sa ronde.

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