top of page
  • Photo du rédacteurAnaïs CD

J’ai tout foiré…


J’ai tout foiré. Encore… comme à mon habitude. Avec elle. Avec toutes celles avant elle. Et j’imagine avec toutes les malheureuses qui oseront croiser mon chemin après. C’est ce que je sais faire de mieux. Un refrain que je connais par cœur et que j’entonne à chaque fois. Une vieille rengaine, une vieille amie en quelque sorte. Elle m’accompagne depuis si longtemps que je ne sais plus vivre autrement. Comment serait ma vie, mes jours et mes nuits, sans cette voix doucereuse à mon oreille qui me charme et m’entraîne ça et là, au gré de ces pulsions qui font mes plus grandes faiblesses.


Alors je continuerai, inlassablement, d’aller de bouches en bouches, goûter toujours de nouvelles lèvres. Et puis je les abandonnerai peu après, lassé de les avoir trop embrassées, le temps de quelques heures, de quelques nuits passées.


J’irais vers d’autres gorges, trouver le réconfort d’autres seins, m’enivrer d’autres parfums, pour pouvoir mieux oublier l’odeur rance de ma propre existence. Chercher des sensations, des frissons, friser la commotion. Fuir la tiédeur, chasser la pudeur.


J’irais mordre dans d’autres chairs pour assouvir mes insatiables envies, combler le vide de ma vie. Y découvrir peut-être, je l’espère, des saveurs nouvelles, des délices sensuels. Effleurer des peaux, sentir leur chaleur sous mes doigts, pour oublier un peu le froid en moi. Me heurter à ces corps, près desquels jamais je ne m’endors. Mais m’enfiévrer, m’essouffler à leurs côtés, pour quelques instants me sentir vivant.


Je tomberais amoureux, un peu, beaucoup, peut-être complètement fou. Mais je suis comme ça, irrattrapable, déraisonnable. J’aime vite, mais j’aime mal, de manière fugace. J’ai le cœur impertinent, plein d’audace. Je m’emporte, violemment. Un putain de dément. Je crois que je ne vis plus vraiment. Seulement pour me brûler, un peu plus m’écorcher, m’abîmer. Et alors qu’elles me teasent, toujours plus j’attise. Mon âme et mon cœur meurtris, pour un plaisir volatil, le temps d’une nuit. Malgré tout, je m’entête, un manège qui indéfiniment se répète. Car je ne cesserai jamais de tomber, amoureux. J’aime les belles choses. De celles qui vous transcendent et vous prennent, vous pourfendent et vous malmènent. Ces choses qui vous retournent complètement, qui se vivent intensément, insensément. Pas de demi-mesure, seulement de la démesure.


Je suis un homme à la dérive, en proie à des lubies nocives et excessives. Une forte tendance à la récidive. Alors je continuerai à vivre en passionné, en insensé. À céder complètement face à mon esprit névrosé, le laisser me consumer. Mais désirer toujours plus fort, toujours plus mal peut-être.


Et puis foirer encore…




Crédit photo : Unsplash - Yohann LIBOT


18 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Comments


bottom of page